[Impression] Super XYX : l’arlésienne shmupesque enfin disponible

Vous le savez, nous le savons, ils le savent : à Shmup’Em-All on aime les productions de la Team Grybanser Fox. Et cette année Steam accueillera non pas un mais deux jeux de l’équipe : d’un coté l’ambitieux ZenoDeath, qui clôturera la trilogie « Zeno » bien connue de nos services et sortira début septembre, et de l’autre un jeu que l’on n’osait qu’à peine espérer, Super XYX, fort d’une longue histoire frôlant de peu le Development Hell, pour enfin voir  le jour, au bout d’une décennie, pour notre plus grand plaisir, en ce 11 août 2020! Profitons de sa sortie pour parler du jeu, des choix de développement de la Team Grybanser Fox, du résultat final, et de plein de bonnes raisons d’acheter ce jeu!

Dans la catégorie des jeux qui auraient très bien plus ne jamais rencontrer nos avides paluches plus ou moins velues, Super XYX tient une belle place. Aboutissement de la série « YX« , l’une des deux grosses séries de longue haleine signées Rozyrg. Super XYX a donc ce doux fumet d’arlésienne, aboutissement d’un projet aux racines plantées bien loin dans le temps, démarré sur le logiciel Blast Works à une époque reculée… Au gré des versions perdues dans les replis du net et des disques durs du développeur, deux itérations ne doivent néanmoins (bite en plus) pas être vous être inconnues.

Les moins assommés par la chaleur estivale l’auront remarqué : oui, Rozyrg, c’est bien Gryzor à l’envers ; et rappelons-le tout de go, aucun lien de parenté entre Rozyrg et le commando musclé tiré du jeu du même nom (que certains mécréants appellent Contra, voire Super Probotector pour ceux l’ayant découvert sur NES made in France, tournant cruellement à 50 Hrz) ni Gryzor61, émérite créateur de musiques de jeux vidéo qui régale nos oreilles notamment sur les jeux de Locomalito tels que Super Hydorah, bien connu de notre belle communauté ShmupEmAllienne! Comme on dit, « ça va sans dire mais ça va mieux en le disant »
XYX, le prototype.

En effet, en 2012, nous avons pu goûter à XYX un prototype particulièrement abouti qui annonçait la couleur : des graphismes fins, un rythme endiablé, une difficulté corsée, une belle note d’intention qui laissait présager du très bon, et permettait de teaser la sortie prochaine par NG Dev de Neo XYX sur Neo-Geo MVS, un jeu de fait hybride pour des raisons simples de conditions de développement : le développement à distance entre les gars de chez NG Dev et Rozyrg, avec des différences de vision qui auraient impliqué de se retrouver au même endroit pour pouvoir être tranchée efficacement. Au résultat, un jeu indéniablement magnifique, mais à l’équilibrage bancal, lui donnant à terme une réputation de jeu à la limite du jouable tellement la difficulté était corsée. Une version Dreamcast viendra un an plus tard corriger certains défauts, mais au résultat, Neo XYX s’était bien éloigné de la solide note d’intention XYX qui avait fuité sur la toile.

Pour en savoir plus, nous vous renvoyons sans vergogne à l’interview de Rozyrg par Shmup’Em All, pas encore publié au moment où j’écris ces lignes, mais qui ne devrait pas tarder !

Neo XYX, la relecture made in NG Dev, beau comme un sou neuf grâce au taf de Rozyrg, mais trop difficile.

Entre temps, Rozyrg ne chôme pas, intègre la Team Grybanser Fox, participe aux projets communs tout en sortant des choses plus personnelles comme Fire Arrow Plus (là encore, si vous voulez des détails passionnants, vous savez ce qu’il vous reste à faire…). Et la Team Grybanser Fox prospère, affirmant une approche personnelle du genre qui marie à merveille l’âpreté du shmup à l’ancienne, osant à la fois la référence aux esthétiques et gameplays classiques en piochant tant chez Toaplan que dans les audacieux euroshmups de la belle époque, mais sans jamais verser dans une rigueur « conservatrice », intégrant sans hésiter des éléments contemporains : taille du masque de collision flirtant avec le manic shooter notamment, avalanches de médailles, rythme des jeux. En résulte un mélange harmonieux qui donne à leurs titres cette frénésie toute particulière qui vous embarque dès le premier stage sans vous lâcher un instant. Du vrai « néo-rétro » avec panache, en résumé !

Mais XYX garde malgré tout ce petit arrière-goût d’inachevé, puisque Neo XYX reste au final, un jeu NG Dev. Et l’idée de sortir une sorte de director’s cut en adéquation avec les visions originelles de Rozyrg fait son petit bout de chemin jusqu’à ces dernières années, grosse période pour la Team Grybanser Fox puisque, après un Jet Buster particulièrement efficace, Jack Darx décide de clôturer la trilogie Zeno avec Zenodeath, probablement le jeu le plus ambitieux de la team depuis sa création, et le plus chronophage, vu l’ampleur du projet.

C’est donc bien deux jeux Team Grybanser Fox qui se trouvent dès lors en chantier et verront le jour en 2020. On reparle de Zenodeath d’ici un petit mois, d’accord, si vous voyez ce que je veux dire (oui, je suis en train de faire de gros clins d’œil à l’écran, mais ça fonctionne moins bien, bizarrement…) ?

Problème : à force d’avoir la tête dans le guidon, de revenir sur sa propre copie, on finit par perdre de notre distance critique, ne plus savoir si le jeu est équilibré puisqu’on le connaît littéralement par cœur, ne plus savoir quoi jeter et quoi garder. Mais la solution, audacieuse, risquée, est rapidement trouvée : recruter une armée de bêta-testeur, composées de gros joueurs mais aussi de passionnés aux doigts palmés comme votre serviteur, qui apporteront un regard neuf, oseront emprunter d’autres routes, réussiront ou non à débloquer les modes cachés, les vaisseaux supplémentaires, et autres bonus cachés, bref, oser confronter un jeu en cours de développement au public.

Si ça n’a l’air de rien, dit comme ça, n’oublions pas que les équipes sont très restreintes (deux ou trois personnes par jeu) bossent depuis de très nombreux mois (plusieurs années, en fait) sur ces projets, et qu’il faut des épaules très solides pour encaisser même des remarques candides comme un simple « le stage XXXX est mauvais, on s’ennuie » ou de découvrir qu’on a laisser un safe spot gros comme le poing par erreur. Entre autres remarques plus ou moins pertinentes, plus ou moins piquantes, qu’il va falloir digérer, intégrer, évaluer et à terme une montagne de problèmes qu’il va falloir régler.

Fort heureusement, des épaules, la team en a à revendre (bon, ils en ont deux par personne, comme tout le monde, mais elles sont carrément solides!) et l’attitude exemplaire des développeurs qui, sans une trace de mépris, ont pris en compte toutes les remarques, toutes les suggestions et ont choisi de tout lire, essayer avant de décider si oui ou non tel aspect apportait quelque chose au jeu ou pas (d’où un nombre TRÈS conséquent de versions successives de Super XYX sur mon PC!). Bref cette mentalité en or (et je pèse mes mots) a permis à cette phase de tests non seulement d’être un succès, une expérience d’échange particulièrement intéressante, mais surtout de permettre aux développeurs d’avancer rapidement le projet, de finaliser les choses, de trancher dans le lard pour aboutir aux versions finales des jeux qui vont augmenter vos ludothèques Steam avant peu, pour peu que vous aillez l’amour du shmup chevillé au corps!

C’est en comparant Super XYX à son ancêtre XYX qu’on réalise à la fois la cohérence du projet et le parcours effectué par le développeur. La première chose qui saute aux yeux, c’est l’évolution de la charte graphique. On passe de backgrounds certes magnifiques et détaillés au possible à quelque chose de plus pur, un esthétique plus proche des productions Toaplan, de la lisibilité des décors aux « rondeurs » de certains sprites.

Le jeu est plus accueillant en terme de difficulté, offrant une prise en main moins âpre, même si le challenge est toujours bien là, simplement mieux dosé, mieux équilibré. Seulement deux vaisseaux de départ font leur retour, mais pas d’inquiétude, le troisième fait partie des quatre personnages à débloquer qu’il va falloir mériter, consommant ainsi dans la foulée la rupture avec Neo XYX qui s’était limité à un seul vaisseau.

Le choix du vaisseau devient capital puisque l’armement de celui-ci est fixe. En effet, dans XYX, il était possible, via un système de power-up « à rotation » sauce Raiden, de changer d’arme en cours de route. Plus perturbant qu’autre chose dans le feu de l’action, ce système a été abandonné au profit d’un système d’upgrade plus frontal : des power-ups augmentant la puissance du tir de votre vaisseau, d’autres items venant ajouter à votre force de frappe initiale des options latérales particulièrement bienvenues.

On notera rapidement la disparition salutaire des checkpoints old school au profit d’une fluidité d’action continue avec respawn immédiat. Dans XYX, le jeu imposait de base un système de checkpoint cruel vu la difficulté du titre et les morts en rafales qui nuisait beaucoup à la dynamique de l’ensemble. Celui-ci était cependant désactivable via un menu d’option à faire rougir les adaptations des jeux Cave par M2 tant il était fourni. Mais que les nostalgiques du check-point à l’ancienne se rassurent, ce système n’a pas disparu, simplement il va falloir le mériter. Je n’en dis pas plus!

Les smartbombs font aussi leur apparitions, grands absents de XYX, faisant là encore honneur à la réputation de  la Team Grybanser Fox dans sa capacité à rendre à l’écran un sentiment de puissance de feu rarement égalé, qu’il s’agisse du tir principal du joueur ou des explosions massives et personnalisées des smartbombs des différents vaisseaux. Un pur plaisir pour les yeux!

Le scoring system est simple et efficace : des médailles à foison et une chaine de hits plutôt permissive à maintenir, que l’on retrouve à la fin du stage lors d’une distribution de récompense particulièrement jouissive prenant en compte les hits, les médailles, les vies conservées, entre autres bonus.

Carina (aka Epilis), déjà présente sur XYX pour l’OST, reprend du service et augmente celle-ci d’une palanquée de titres particulièrement efficaces (17 titres pour l’OST classique, 44 pour l’OST Deluxe), pour le plaisir de nos oreilles avides de sons qui sentent bon la force de frappe, le chiptune, la synthèse sonore râpeuse. Vous pouvez soit l’acheter sur Steam en pack avec le jeu, soit sur le bandcamp de l’artiste où elle est disponible à l’écoute.

Il serait vain de lister tous les réglages successifs qui ont aboutit à l’efficacité et au rythme interne de Super XYX, entre l’adaptation des points de vie des ennemis pour fluidifier le rythme et ajuster la difficulté, les évolutions de patterns, la modulation de la taille de certains sprites, l’évolution du design d’autres, passant des rondeurs toaplanesque à une aridité raidenienne, etc. Le fait est que, voilà, c’est fini, le jeu est là, entier, beau, cohérent, solide, prêt à être dosé, plein de bonnes choses, de challenge, de modes à débloquer, de personnages cachés, de boss énormes, d’ambiances variées, de secrets à découvrir. Bref, c’est du vrai taf de passionné et d’amoureux du genre, c’est du tout bon alors mangez-en !!

Super XYX est disponible sur Steam pour 8€19 et dans une version sans DRM sur itch.io pour $10.

À propos de toma überwenig

Avatar

À lire aussi

1-Sissy n°234 : Super XYX

Sur SEA nous avons l’amour du pixel art chevillé aux corps (ou serions nous simplement …

un commentaire

  1. Avatar

    Ce shmup est incroyable, l’esprit de toaplan et cave pour ce qui concerne le gameplay, un délice ! Merci pour cette découverte, impossible de lâcher le pad. Viv2une sortie sur switch sans imput lag!

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *