[MINI-DOSSIER] La SEGA Mega Drive et ses shmups

Première 16 bits de l’histoire sortie en 1988, la Megadrive de Sega n’a pas ignoré le shoot them up, ce qui n’est guère étonnant pour un support qui en ces d’années 80 incarnait une première évolution du hardware. De plus les nouvelles aptitudes de la bécanes permettaient un rythme de jeu encore plus soutenu. Parfait pour du shoot them up !

Le nouveau rendu graphique ainsi qu’une gestion des sprites optimisée allait donner un coup de fouet au genre qui, en cette année 1988, devait encore tout de sa réputation au milieu de l’arcade. Un milieu que Sega connaissait très bien, au contraire de son rival Nintendo plus axé sur le jeu vidéo domestique ! Alors, quid des shoot them up sur Megadrive ?

Classiques mais typés

Certes, les jeux du cru sur la 16 bits de Sega ont su s’émanciper du modèle posé par l’arcade et c’est ce qui a fait leur personnalité. Aussi, le shmup selon le « modèle Megadrive » est essentiellement horizontal, fait appel à de solides notions de mémorisation et jouit d’une durée de vie solide faite de longueur et de difficulté. Si certains tels les épisodes de la série Thunder Force sont aujourd’hui devenus emblématiques, il est amusant de voir à quel point les grands représentants du genre sur Megadrive sont encore assez obscurs.

Qui  se souvient du pourtant sublime Gaiares ? Ce jeu de Telenet est une véritable odyssée, avec ses niveaux longs et nombreux, sa difficulté dantesque et sa réalisation sublime. Mais si ce titre peut prétendre au rang de top du top, c’est surtout pour son gameplay original : désormais vous pourrez subtiliser les attaques de vos adversaires grâce à votre module ! D’où une variété de techniques sans précédent et vue l’âpreté de l’entreprise, il faudra correctement analyser le moindre positionnement et l’efficacité de toutes les possibilités d’attaque. Un jeu réellement fantastique.

Les amateurs d’ambiances sombres n’ont pas été oubliés : Sega cultivait une image résolument plus « adulte » que Nintendo, d’où certains titres aux limites du dérangeant, et le shmup sauce « glauque » aura connu deux magnifiques déclinaisons avec Gynoug et Bio Hazard Battle. Le premier est un périple bucolique assez malsain mais nanti d’une majesté authentique. Bestiaire varié et lieux inquiétants vous attendent et les plus tenaces d’entre vous auront la chance de recommencer le jeu une fois celui-ci accompli. L’action incessante ainsi que l’aspect très sombre de l’oeuvre en font une expérience concluante. De même pour Bio Hazard Battle et son environnement organique peuplé d’insectes baveux, de vers gluants et menaçants et baigné de thèmes oppressants de toute beauté ! Un rythme effréné et une surcharge d’ennemis achèvent de rendre ce titre de Sega tout à fait incontournable.

Mais attention, la Megadrive ce n’est pas qu’une console à shmups peu ragoûtants ! Si vous préférez les beaux paysages, pourquoi ne pas revenir à l’un des héros maison, à savoir Opa opa dans Super Fantasy Zone ? Une version encore approfondie des aventures du joli vaisseau rouge et bleu dont la difficulté saura vous tenir en haleine et qui n’oublie pas l’aspect « acquisition d’armes et d’items », un nouvel opus de cette délicieuse série qui a déjà fait les beaux jours de l’arcade et de la Master System.

Verytex mérite également que l’on s’intéresse à lui tant il est typé « années 80 » et se rapproche d’un modèle déjà éprouvé sur PC Engine. Ce titre pourtant peu connu voire peu estimé contient tout ce que l’on peut décemment attendre d’un bon shooter, pour peu que son classicisme très avéré ne le fasse pas tomber dans l’oubli. Il en est de même pour l’excellent et très exigeant Whip Rush qui offre en plus d’un challenge relevé une gestion d’armement intéressante. Ces deux titres portent évidemment leur âge mais sont témoins d’une certaine vision du shmup et leur réalisation est une signature technique unique à la Megadrive.

Une esthétique particulière. Si l’on compare l’essentiel des shoot them up de la Megadrive, on ne peut que leur reconnaître une apparence commune, quelle que soit leur nature. Qu’ils se déroulent dans l’espace, dans de vertes contrées ou au-dessus d’un paysage familier, les shmups  Megadrive semblent calqués sur un même type de réalisation, signe  d’une utilisation homogène des capacités techniques du support. Le fossé  entre les meilleurs et les moins bons est donc  moindre que sur SNES.

Si d’autres titres tels Undead Line, Elemental Master et Twinkle Tale sont excellents en prenant peut-être une certaine liberté avec le reste du catalogue de shooters Megadrive (on y dirige des personnages au lieu d’avions et autres vaisseaux), il serait étrange voire hors de propos d’achever ce petit panégyrique sans mentionner un titre qui, autant que le Gaiares précité, peut être considéré comme le sommet en la matière sur MD : Eliminate Down. Ce jeu sorti en 1993 est une révolution visuelle et brille de tous ses feux : beauté, maniabilité au poil, challenge présent et variété incroyable, le tout au service d’une mission éprouvante mais hautement gratifiante : Eliminate Down résonne comme l’aboutissement du genre sur la 16 bits de Maître Sega. Cependant, sa rareté en fait une pièce de collection, recherchée et onéreuse !

En bref…

Il y a donc de quoi passer de bons moments de carnage en règle pour tout possesseur de cette bécane de gloire qu’est la Megadrive. Grimpez dans le cockpit et lancez-vous !

À propos de Yace

Yace
Joueur qui balance entre deux âges, plutôt des neiges d'antan que de la dernière averse. Révolté permanent, contestataire patenté, il n'y a que les jeux vidéo et la grammaire française dont j'accepte de suivre à peu près les règles, dans l'ivresse des pixels et des mots.

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