[MINI-DOSSIER] La Nintendo Entertainment System et ses shmups

Avec sa ludothèque plus qu’imposante, la NES a bien entendu connu son lot de shoot them up, du pire au meilleur, du banal au surprenant. Petite sélection pour flinguer de l’alien dans son salon.

Konami Superstar

Parmi les meilleurs titres du genre sur NES figurent plusieurs titres de Konami, des adaptations pour la plupart. Si Gradius ouvre le bal de fort belle façon et ce en dépit de quelques limitations, on pouvait grâce à lui retrouver un authentique feeling arcade à domicile. Sa suite, Gradius II s’impose comme l’un des tout meilleurs titres du genre sur la 8 bits, et constitue une réussite technique absolument bluffante : intégralité des armements de la version arcade, digits vocales impeccables et réalisation exemplaire font de ce jeu une référence.

Entre ces deux jeux était apparu Life Force / Salamander, version alternative d’une direction artistique inspirée de Gradius. La version NES est à nouveau très recommandable avec comme privilège de se jouer à deux simultanément, ce qui était à l’époque un argument de poids. Et pour achever les déclinaisons arcade maison, Konami sortira en 1990 un Parodius DA qui, s’il souffrait de ralentissements certains, n’en demeurait pas moins une ambition portée sur NES ; ces adaptations constituent donc toutes autant de valeurs sûres et pour certaines offrent des éléments exclusifs. Konami ne se moque pas des joueurs.

Crisis Force est à nouveau une œuvre de Konami et respecte au rasoir l’exigence de la maison avec une réalisation de haut vol et des armes impressionnantes pour une action parfois un peu confuse mais très intense. Bref : l’entreprise fait carton plein sur une 8 bits qui montre ses griffes.

Mais encore….

D’autres titres ont également brillé par leur originalité et l’impression de liberté qu’ils offraient au joueur, tels Section Z et plus spécialement Burai Fighter. Scrollings multiples, armements développés, level design et boss redoutables font de ce titre de Taxan l’une des réussites du support, et dont triompher ne sera pas à la portée de tout le monde pour cause de boss final quasi increvable, soyez prévenus ! Action in new York se démarque également par un rythme frénétique qui compense quelques lacunes d’animation.

Compile a lancé son Zanac sur NES et la recette de l’éditeur nous est livrée sur un plateau d’argent avec un jeu très retors ; cependant la principale perle méconnue de la NES s’intitule Over Horizon, un titre fabuleux qui dépasse les limites techniques et ludiques de tous les jeux énoncés jusqu’à présent ! D’une grande beauté et d’une variété sans reproche, ce jeu de Hot.B vous permettra de construire littéralement votre engin avant de le lancer face aux aliens dans des environnements dont il faudra parfois se servir pour vous protéger des tirs adverses ! L’interaction entre le vaisseau, les décors et la multitude de possibilités d’armement rendent ce Over Horizon quasi inépuisable. Ajoutons des boss à couper le souffle et une bande sonore très bien foutue et on arrive ainsi un jeu dont on peut se demander comment il peut être si obscur. Témoignage de toute la qualité possible sur une NES, ce jeu est à découvrir d’urgence. On pourrait compléter cette sélection sur NES avec une version très honnête de Image Fight d’Irem, un titre issu de l’arcade qui porte la maniaquerie anxiogène des auteurs de R-Type vers des sommets ; cependant cette itération sur console revoit la difficulté très à la baisse et pêche un peu par moments par des écrans simplistes, voire vides. Un bon titre cependant.

Justice ! Oui, disons-le haut et fort : la NES, modeste console 8 bits, a pu être considérée comme un support bien insuffisant à accueillir de grands shmups. Vous savez à présent que c’est faux. La 8 bits de Nintendo aura donc fait tourner des jeux techniquement incroyables et n’aura pas démérité. Les portages de Gradius en sont donc un exemple probant.

Et ce n’est pas tout !

Après les réussites made in Konami et l’incroyable Over Horizon, on pensait avoir fait le tour des grands shoot them up de la NES. Que nenni, deux titres demeurent également parmi les plus incroyables jeux du cru sur ce qui n’est qu’une modeste 8 bits : Gun Nac de Compile avec son armement sur-développé et son ambiance très spéciale proche du Parodius DA précité, ainsi que le désormais célèbre Summer Carnival 92 : Recca, qui pour beaucoup est la plus bluffante démo technique jamais offerte sur NES. Ces deux titres se devaient de figurer dans ce panégyrique des gloires de la NES en matière de canardage, mais tout synthétiser en quelques lignes se révèle trop compliqué ! Voilà pourquoi cette petite sélection s’achèvera ici.

À propos de Yace

Yace
Joueur qui balance entre deux âges, plutôt des neiges d'antan que de la dernière averse. Révolté permanent, contestataire patenté, il n'y a que les jeux vidéo et la grammaire française dont j'accepte de suivre à peu près les règles, dans l'ivresse des pixels et des mots.

À lire aussi

[MINI-DOSSIER] La SEGA Master System et ses shmups

La Master System a elle aussi connu son lot de shoot them up. La 8 …

un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *