Accueil / Interviews / [Shmupers Stories] BOS & Yace, duo de joueurs passionnés !

[Shmupers Stories] BOS & Yace, duo de joueurs passionnés !

« Une communauté se reconnaît dans les plus entreprenants et les plus inventifs d’entre les siens. » et cela est encore plus vrai quand ladite communauté est dédiée à un genre de niche. La nouvelle rubrique de Shmup’Em-All, Shmupers Stories a ainsi pour objectif d’en savoir plus sur le parcours des personnes qui partagent leur passion des shoot’em up et qui contribue à sortir ce genre d’une certaine confidentialité. Pour ce premier Shmuper Stories, ce n’est pas moins que le duo de choc BOS et Yace qui ont l’insigne honneur de bien vouloir se prêter au jeu des questions réponses.

Pouvez-vous vous présenter s’il vous plaît ?

Yace : Salut ! Yace, 40 ans bientôt, chauve, 132 kg et accessoirement amateur de jeux vidéo, d’histoire, de littérature, de vieux cinoches et de chansons françaises. Un peu écrivain aussi.

BOS : Je suis BOS, j’ai 29 ans et j’ai commencé à vraiment pratiquer le shmup en 2009.

Comment avez-vous découvert le shoot them up et quel est, par conséquence, votre premier shmup ?

Yace : Un mercredi après-midi chez un copain de classe, j’ai joué pour la première fois à un jeu où un petit tas de pixels tirait sur d’autres pixels. Sans même en connaître le titre ! Voir ces pixels qui bougeaient et ce joystick qui craquait à chaque mouvement fut une révélation. Des années après, j’ai retrouvé ce jeu…qui s’intitulait Moon Cresta, de Nichibutsu.

BOS : J’ai découvert le shmup en émulation mais j’y pas mal joué quand j’ai enfin eu une PlayStation 2. J’ai pu tester les CAVE et après les avoir tous essayés, celui qui m’avait accroché c’était DoDonPachi DaiOuJou, car je me souviens que j’aimais vraiment la sensation procurée par l’hyper. Il y avait un coté Dragon Ball Z avec une méga puissance et c’est d’ailleurs le premier titre que j’ai 1CC. Il m’avait fallu 5 ou 6 semaines pour y arriver.


Moon Cresta et DoDonPachi DaiOuJou sorti respectivement en 1980 et 2002.
 

Mise à part les shoot’em up, vous jouez à quels autres genres du jeux vidéo ?

Yace : Les jeux de plates-formes ainsi que les puzzle game. J’ai par contre horreur des RPG et des FPS, tout simplement car c’est mon droit ! J’ai beaucoup fait de VS fighting il fut un temps, aujourd’hui à part quelques titres pour la nostalgie je n’ai pas continué.

BOS : Quasiment tout type de jeu rétro et moderne ! Les genres auxquels je n’accroche pas trop sont les jeux de stratégie et malheureusement comme je n’ai plus trop de temps je ne joue plus vraiment aux RPG. Après je joue au reste : Action, Plateforme, FPS etc… le dernier jeu en date que j’ai fini est God of War : Ascension.

Vous animez tous les deux une chaîne Youtube sobrement intitulé The BOS & Yace Video Game Show, comment l’idée vous est-elle venue ?

Yace : À l’époque, BOS et deux de ses potes (UltraMadGuy et Tewind) animaient un cast intitulé « True Last BOS », puis les emplois du temps ont ralenti et fait cesser cette émission très sympa. Les TBYVGS en sont un peu le fils spirituel !

BOS : Yace a quasiment tout dit. Cette dernière a dû s’arrêter et en invité on avait reçu Yace ; comme j’avais sympathisé avec lui et vu qu’il avait plein de runs je me suis dit qu’il serait dommage d’arrêter comme ça ! C’est pour ça que je lui avais proposé s’il voulait pas faire une émission ou on commenterait nos runs. Ensuite on a même eu des invités avec notamment Trizeal et gekko !

Sur YouTube il existe énormément de type de contenus liés au jeu vidéo : Let’s Play, Speedrun, parties commentées, etc. Quelle est votre opinion sur le sujet ?

Yace : Soyons franc : les let’s play c’est pas mon truc, car voir un gars plus ou moins expérimenté jouer pour jouer sans rien m’apprendre (et souvent en lâchant des bordées de grossièretés) m’énerve même. Par contre, une partie travaillée commentée et à fortiori un speedrun, voilà de quoi me sustenter, car il y a quelque chose à en tirer.

BOS : Je trouve que c’est bien chacun apporte sa propre approche pour commenter du jeu vidéo, après c’est aux gens de choisir quoi regarder.

Comment voyez-vous l’aspect compétitif et la montée de l’eSport en règle générale ?

Yace : Je vais faire bref : l’eSport, c’est comme le sport tout court : je m’en fous totalement ! Quant à l’aspect compétition, cela dépend. S’il est empreint de camaraderie, OK, si c’est de la compétition bête et méchante, alors très peu pour moi.

BOS : Comme je ne regarde pas vraiment d’eSport du coup je n’ai pas trop de point vue si ce n’est tant mieux pour eux s’ils peuvent vivre de leur passion.

Beaucoup vous connaissent grâce à votre participation à l’émission Superplay sur la chaîne de télévision Nolife (ndlr : chaîne de télévision française parlant de jeux vidéo, culture geek et musique japonaise, disparue le 8 avril 2018), que vous a apporté de passer dans cette émission et quelle est l’expérience que vous en retenez ?

Yace : Nolife est un OVNI dans le paysage audiovisuel français, et la seule chaîne à laquelle on peut proposer du superplay. A chaque passage, c’est toujours de bons moments et plein de rencontres sympa voire carrément inoubliables ! Et puis causer de jeu rétro et de « perf » permet aussi de montrer que le jeu vidéo, c’est du sérieux. Oui, le jeu c’est plus que du jouet !

BOS : A part lors de quelques évènements dédiés à l’arcade ou quelques personnes qui m’ont dit être contentes que j’aie parlé de certains jeux, je repense notamment à Alex Kidd. Dans l’ensemble hormis lors d’événements liés à l’arcade ou lors des émissions que j’enregistre je ne parle que très rarement d’arcade et encore moins de superplay.


BOS et Yace respectivement en train de commenter leur partie de Cannon Spike et Silver Surfer dans l’émission Superplay.
 

Quel est votre entraînement type pour arriver à un tel niveau de performance ? Par exemple, BOS, celui pour arriver au 2-All de Ketsui en URA Loop ou encore, Yace, tes nombreux records sur Super Aleste.

Yace : Première condition : trouver dans le jeu que l’on veut « performer » cette petite étincelle qui fait les plus grandes motivations. Pour le reste, c’est le temps et surtout l’assiduité qui importent ! Et l’on dispose désormais d’outils d’entraînement intéressants, comme l’usage de savestates ou le partage de vidéos. Oui j’avoue : je me suis converti à l’entraînement via les savestates. La quarantaine sans doute…

BOS : La patience et la persévérance, pas de secret ! Il faut bien connaître le jeu, beaucoup s’entraîner, après c’est réalisable tant que l’on s’amuse sur le titre. Il y a différentes méthodes pour s’entrainer notamment le stage select proposé parfois dans les versions console et PC, cela peut faire gagner pas mal de temps.

De votre point de vue qu’est-ce qui définit un Superplayer : est-ce le nombre de 1 Credit Clear à son actif, l’obtention d’un ou plusieurs records mondiaux ou autre ?

Yace : Aimer jouer, avoir le goût du dépassement de soi et surtout : être désintéressé ! Torcher un jeu est avant tout une démarche perso, un « superplayer » ne doit pas s’attendre à recevoir une coupe ou une médaille quand il parvient à ses fins. Et pour finir, bien se positionner dans l’optique « Man VS Machine ». Je ne conçois pas de « superplay » à deux, même dans un jeu en co-op. Seul contre le programme, c’est ma règle et j’y tiens.

BOS : Cela dépend de la performance : déjà juste finir le premier loop d’un jeu comme Ghosts’n Goblins c’est déjà fort de mon point de vue ! Après il est vrai que certains sont vraiment balèzes notamment les joueurs japonais et encore plus ceux qui créent leurs propres routes sans regarder les vidéos ou les autres jouer.

Vous vous considérez comme étant quel type de Superplayer

Yace : Le genre qui trouve que le terme même de « superplayer » est galvaudé. Il y a des joueurs, point. C’est le degré d’investissement qui fait la différence à mon sens.

BOS : Je ne sais pas si je suis vraiment un superplayer. Je me souviens qu’au début je galérais grave et qu’au fur et à mesure j’ai développé une certaine méthodologie qui a fait qu’aujourd’hui je suis capable de finir un jeu rapidement. Dans l’ensemble, au-delà de certains réflexes que j’ai optimisés, j’ai surtout pas mal développé ma mémoire sans même m’en rendre compte ! C’est comme ça que j’ai réussi à enchaîner pas mal de titres. Finalement je ne suis pas aussi fort que ça : les rares fois où j’ai pu faire un peu de compétition en IRL sur du shmup avec certains joueurs, ils me battaient tous, je repense notamment à ProMeTheus (ndlr : joueur ayant détenu le record occidental sur DoDonPachi, auteur de The Full Extent of the Jam) qui lui est vraiment balèze en improvisation et en skill. Pour ma part j’ai su développer certaine méthode que j’applique donc sur des jeux que j’apprécie.

Si cela ne te dérange pas, nous avons quelques questions uniquement pour toi BOS. Quel est a été le déclic, celui qui t’as poussé à réaliser des performances sur des titres comme ceux de Psikyo ?

BOS : Dragon Blaze clairement. Yace en parlait pas mal à l’époque où je commençais à aller sur le forum de shmup.com. J’avais fait un certain nombre de 1CC sur des CAVE ensuite je me suis intéressé à d’autres éditeurs et c’est avec le topic dédié à Dragon Blaze, qui était encore un peu actif, que je me suis entre autres mis au jeu. Dans un premier temps j’ai fait le 1CC et puis avec de la motivation de la part de Yace et d’autres du forum je me suis motivé à faire le 2-ALL. Quand on réussi à faire une telle performance, beaucoup de jeu paraissent beaucoup plus simples.

Pour rappel tu as participé à l’édition 2015 du Stunfest en tant qu’un des invités d’honneur du Wasshoi. Peux-tu nous dire comment tu as anticipé l’évènement et quel est ton ressenti à posteriori ?

BOS : Tout d’abord merci à Yom et ProMeTheus qui m’ont proposé de participer en tant que guest du Wasshoi 2015. Je n’aurai jamais cru y participer surtout après la venue de joueurs comme Clover-Tac, SPS et Watanabe (ndlr : tous trois sont des superplayers japonais). Dans un premier temps je ne voulais pas vraiment puis Yom m’a motivé. J’ai fini par accepter pour le choix du jeu : en fait au moment où il m’a proposé j’étais sur Dragon Blaze et j’avais battu mon ancien record. Du coup j’ai eu trois mois pour bien m’entraîner car dans un Psikyo, surtout pour un 2-ALL, la moindre erreur peut être catastrophique ! J’ai eu de bonnes conditions, du bon matos (merci James) et merci à S-L et Lyv qui mon juste mis la pression pour faire un 2-ALL alors que moi j’espérais juste faire un bon 1CC.

Sur le coup je me suis mis zéro pression, j’ai fait comme si je jouais devant des potes. Mais quand après coup il y a des gens qui m’ont dit que j’avais fait un truc de malade et puis j’ai vu la vidéo où l’on pouvait entendre la réaction des gens (j’avais un casque quand je jouais donc j’étais totalement dans le jeu) et que j’ai vu à quel point ils étaient nombreux, c’est effectivement là que je me suis dit que j’avais peut-être fait un truc de ouf !

Aurais-tu des anecdotes concernant des moments passés avec d’autres joueurs ?

BOS : Arf ! Le shmup m’a permis de rencontrer des gens vraiment top, passionnés d’arcade et j’ai eu ainsi le privilège de jouer et voir de jolies collections de bornes et de jeu. Je remercie Koosan qui m’a invité et s’était la première fois que je rencontrais Yace en vrai ainsi que Yom, Humar, Yami… Ensuite il y a eu Banana Master, A-M, DamDam, Radigo, Clover-Tac, SPS, Watanabe, Raichiku et plein d’autres grâce au Stunfest. Et pour les fois où j’ai pu monter sur Paris, grâce à mon ami ALFARABI,  j’ai pu assister à de bonnes sessions notamment à Coin-Op où les gérants de la salle m’avaient invités pour faire une démo. J’y avais aussi rencontrer pas mal de monde y compris de nouveau Yace ainsi que Mako, Mickey et plein d’autres ainsi que S-L que j’ai pu recroiser par la suite et cela m’a permis de squatter sa collection de jeux CAVE dont la fameuse PCB collector de DoDonPachi SaiDaiOuJou (ndlr: S-L possède une PCB de DDP SDOJ qui contient un menu Debug). Et il m’a bien eu sur Super Sidekicks, j’aurai ma revanche un jour !

Bref plein de gens top qui m’ont permis à la fois de bouger un peu partout tout en partageant notre passion pour l’arcade et notamment le shmup.

Avec ton niveau de maîtrise et tes connaissances sur le sujet, l’idée de créer ton propre jeu t’a déjà traversé l’esprit ?

BOS : Oui bien sûr, j’ai d’ailleurs essayé mais bon c’est très difficile au final. Il faut avoir un certain talent artistique, sinon il faut connaître des graphistes et des musiciens, mais surtout il faut être un bon level-designer afin que n’importe qui puisse s’amuser. Dans mon cas j’ai surtout fait des mini-jeux pas très jolis qui m’ont bien amusé, mais le level-design et la difficulté étaient mal calibré.

Merci BOS. C’est maintenant à ton tour Yace ! Tu as eu l’occasion de participer à quelques émissions de STG Weekly (ndlr : émission sur les shoot’em-up diffusée en direct sur Twitch, réalisé par Softdrink). Quel a été ton ressenti ?

Yace : Avant toute chose, je tiens à dire que le plus drôle dans ces émissions, c’est mon accent ! Je cause anglais comme une vache savoyarde (ce que je suis de base !). En fait, j’ai été invité via Discord par Cream et Aquas (les deux animateurs de STGW) pour causer un peu de shmup, et ça a démarré par Super Aleste comme par hasard… Ensuite ce doit être parce que certains de mes runs sont intéressants ! Et puis les intervenants de STGW sont tous très sympa et passionnés. Et ça me convient très bien de causer entre passionnés, même si c’est dans une autre langue !

À ton avis, comment est perçue la communauté shmup francophone par nos amis occidentaux ?

Yace : Bonne question ! Je crois que la scène française ne peut plus être ignorée grâce au Stunfest qui est devenu un festoche de référence over the world. Mais bien avant, des joueurs comme Prometheus qui a longtemps détenu le record hors-Japon sur DoDonPachi ont montré qu’il y avait de grands joueurs partout. Qui sait s’il n’y a pas un champion inconnu au Swaziland ou un expert caché dans les plaines de la Sibérie ?

Par le passé tu as été rédacteur et rédacteur en chef de plusieurs ouvrages sur le jeu vidéo. Peux-tu nous en dire plus à ce sujet ?

Yace : C’est tout con : j’aime jouer, j’aime écrire, et j’aime l’histoire ! Alors écrire l’histoire du jeu vidéo, c’est les trois en même temps ! Et ça contribue à ancrer dans la culture générale une activité encore trop décriée, et la plupart du temps par de parfaits incultes qui devraient lire ces livres au lieu de pester contre le jeu vidéo.

De même as-tu encore des projets dans l’édition ?

Yace : Oui, il y aura des surprises encore à venir. En temps et en heure ! Je n’en dis pas plus pour l’instant : déontologie du journaleux !

Depuis quelques années on voit de plus en plus de livre à portée historique sur les jeux vidéo il n’est pas rare de voir beaucoup de ces ouvrages jouer la carte de la nostalgie pour un contenu au final assez superficielle. En tout que passionné, et joueur avant tout, quelle est ton opinion là-dessus ?

Yace : En tant que vieux con assumé, j’ai du mal à croire que des joueurs de moins de vingt ans puissent avoir une quelconque crédibilité à écrire sur des jeux des années 70,80 et 90. Oui je sais ça fait pas cool, mais telle est ma pensée ! Pour le reste, le marché de l’édition est, comme tous les marchés, un milieu très concurrentiel, quasiment une fosse aux lions. Pas facile de lutter, mais bon, on lutte ! Je m’arrêterai là pour ne pas finir avec une logorrhée de l’anarchiste que je suis, si tu le veux bien !

Merci Yace. Avant de conclure, messieurs, quel regard portez-vous sur la communauté shmup dans son ensemble ?

Yace : Des types qui continuent à faire vivre un genre devenu confidentiel en notre époque, je trouve ça beau et étrange à la fois.

BOS : Vraiment une très bonne communauté pleine de surprises avec pleins de gens intéressants, mais malheureusement le genre shmup n’a pas autant la cote que les jeux de baston… Donc la communauté est moins nombreuse, ce qui explique probablement pourquoi il n’y a plus d’équivalent aujourd’hui en terme de nouveau jeux qu’à l’époque notamment avec des éditeurs comme CAVE, Psikyo, Raizing…

Pour finir, auriez-vous un conseil pour ceux et celles qui souhaitent partir à la découverte de notre genre de prédilection ?

Yace : Surtout ne pas se fier au premier regard ni aux jugements d’autres personnes ! Il faut se faire soi-même ses propres opinions et se dire que le cerveau humain est capable de bien des prouesses… Pour peu qu’on s’en donne la peine.

BOS : Amusez-vous, essayez d’y jouer même à plusieurs c’est vraiment fun ! Il ne faut juste pas tomber dans le piège de dire je vais jouer comme tel ou tel joueur, mais vraiment trouver juste votre propre style et jouer à du SHMUP !!!

Retrouvez BOS & Yace sur Twitter à @TBYVGS et bien entendu sur Youtube avec leur chaîne The BOS & Yace Video Game Show.

Illustration : Shadow Gallery

À propos de La rédaction

La rédaction
Entité rassemblant l'ensemble des rédacteurs de Shmup'Em-All. La rédaction apparaît quand un contenu est un travail d'équipe ou qu'il est impossible de définir son auteur.

À lire aussi

Une campagne Ulule pour une chronique dédiée au shmup verticaux !

Après des magazines, des guides et des chroniques rétro sur Donkey Kong ou encore Castlevania, …

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *