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Professor Sakamoto se fait Recca

STG no UTA, c’est la chronique dédié à ceux et celles qui pensent au Yamaha YM2151 quand ils lisent OPM et qui défendent becs et ongles la Mega Drive en brandissant le combo Street of Rage / Thunder Force pour prouver la supériorité sonore de leur chouchoute. Mélomanes ou curieux, nous vous proposons de découvrir des œuvres musicales lié au shmup ainsi que l’histoire de leur compositeur. Venez et laissez-vous enivrer par le chant des shoot them up !

Parmi tous les shmups que proposent la NES Recca est un titre particulier qui fait frissonner tout joueur ayant pu s’y frotter de part son ambiance et sa difficulté qui ne laisse aucun répit. Un jeu tellement grand qu’il est le sujet d’un Shmup’Em-All Extend à lui tout seul. Cependant Recca ne serait pas le même sans sa bande originale qui renforce l’univers anxiogène et reflète la brutalité du shoot’em up de Shinobu Yagawa.

Pour arriver à cet objectif, Nobuyuki Shioda composa la musique de Recca en usant du Four-on-the-floor, un motif rythmique comprenant quatre battements par mesure où la grosse caisse tombe sur chaque battement créant ainsi une pulsation régulière et répétitive. Un pattern qui caractérise la house music ou encore la techno ce qui inclut la techno de Détroit un style qui inspira énormément Shioda dans ses recherches afin de produire un son heavy.

Pour arriver au résultat souhaité Nobuyuki Shioda utilisa quelques subterfuges afin de faire ressortir les bass et les percussions dans ses compositions sur une machine aux capacités sonores limités. Il faut savoir que sur la Famicom (et par conséquent la NES) les bass et les percussions sont produite grâce à un signal triangulaire sur lequel il est impossible de modifier le volume : c’est 0% ou 100%, aucun juste milieu. Afin d’amplifier ce canal sonore Shioda décida tout simplement de baisser le son des deux canaux produisant un signal carré. Cette action a certes eu pour incidence de réduire la dynamique sonore des musiques de Recca, mais cela a grandement profiter aux effets spéciaux qui sont ainsi nettement plus audible. Et dieu sait que c’est important dans un jeu vidéo, a fortiori dans un shoot’em up.

Musique atypique pour un jeu qui l’est tout autant, il en faut pas plus pour que Professor Sakamoto jette son dévolu dessus.
De son vrai nom Kentaro Sakamoto, Professor Sakamoto est un artiste à l’oreille absolu ce qui lui permet de reproduire n’importe quel morceau. Ayant en plus un amour sans borne pour les sonorités des consoles 8-bit, il est ainsi coutumier des reprises en live des thèmes des grands classiques de la Famicon. Pour en savoir plus à son sujet, un épisode de toco toco lui est dédié.

Il livre ici un medley de Recca qui, étonnamment, s’articule autour de six thèmes qui sont les plus (si on peut les qualifier ainsi) enjoués de la bande originale. On peut par exemple y entendre ce passage caractéristique du deuxième stage où le scrolling part en sens inverse et la musique devient plus mélodique et calme. L’un des rares passage où l’on peut souffler un minimum juste avant que la grosse caisse surgit de plus belle, toujours avec un Four-on-the-floor, laissant entrevoir un nouvel affrontement contre un mid-boss.

En parlant de boss, il est intéressant de noter que ce medley se finit avec l’utilisation des deux thèmes réservés aux boss : Crisis et Bostune. Leurs utilisations à la suite peuvent facilement faire echo à la fin de Recca dont le stage final prend la forme d’un boss-rush. D’autant plus quand le medley en question finit de manière abrupte comme la première fois où on fait face, le souffle court, au dernier boss et qu’on perd ses moyens résultant alors par un GAME OVER brutal.

À propos de gekko

gekko
Tombé dans le shoot them up grâce au danmaku. À défaut d'être un bon joueur, il s'est rabattu sur l'histoire et les personnes derrière ses jeux préférés. Son rêve ? Boire des verres dans un Izakaya avec ses compositeurs favoris. C'est beau de rêver...

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un commentaire

  1. Excellent article, camarade! Je suis Joie.

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